LA CONSTITUTION DE SOCORRO DE 1810

À la suite du soulèvement révolutionnaire fervent et agressif , qui a déposé et banni les autorités royalistes le 10 juillet 1810, la légendaire province communale a proclamé son indépendance de la couronne espagnole et, par un plébiscite tenu le 15 août de la même année, a promulgué la célèbre Loi constitutionnelle du nouveau gouvernement de la province de Socorro, considérée comme le statut fondamental initial du constitutionnalisme colombien. Le Conseil de la Province de Socorro… ayant lu cet acte à haute voix au peuple, et leur ayant demandé s’ils souhaitaient être régis par les principes qui y sont convenus, a répondu oui…… écrire le texte.

Quels étaient ces principes ?

Ni plus ni moins que celles universellement exposées et diffusées par l’illustration libérale française du XVIIIe siècle. Le procès-verbal indique, par exemple, que cette révolution a permis aux habitants de Socorro de recouvrer la plénitude de leurs droits naturels et indispensables à la liberté, à l’égalité, à la sécurité et à la propriété, et qu’en plus de l’habeas corpus, il stipule que personne ne sera inquiété dans sa personne ou ses biens que par la loi, et ce, dans des déclarations inexorables comme celles-ci Chacun vivra du fruit de son industrie et de son travail pour accomplir la loi éternelle…. . La terre est l’héritage de l’homme qui doit fertiliser à la sueur de son front…. . Ou : Les comptes du Trésor Public seront imprimés chaque année afin que l’entreprise puisse voir que les cotisations sont investies à son profit. Et il est strict d’avertir que toute autorité qui se perpétue est exposée à être érigée en tyrannie….

Consciente de ces affirmations, la Loi constitutionnelle a ordonné l’abolition du tribut et des réserves autochtones et leur incorporation réelle, effective et institutionnelle dans la société. Simultanément, il ordonna l’extinction du tabac tabac tabacconiste ou monopole d’Etat, qui avait été une cause puissante de la Révolution des Communards en 1781, car c’était l’industrie de base de la province. Cependant, s’il est vrai que cette Constitution manque de technique et d’ordre juridique, elle doit reconnaître en elle la division tripartite du pouvoir public comme suit : législatif dans un conseil de représentants, exécutif dans les maires et le cabildo, et judiciaire dans un tribunal auquel on ferait appel en cas de peine capitale.

Enfin, en ce qui concerne l’autorité religieuse, elle adopte le dogme chrétien comme lumineux et rédempteur, mais elle met en garde contre le pouvoir temporel en disant que toute autorité sera établie ou reconnue par le peuple et ne pourra être retirée que par la loi. Il y a 14 articles qui condensent notre constitutionnalisme, en théorie et en pratique.

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